Ecole caravagesque – Portrait d’un moine Franciscain

Cette toile est arrivée agrafée sur une planche et protégée par un morceau de Plexiglas, après avoir voyagé sur le toit d’une voiture de Paris jusqu’à Béziers… Le franciscain représenté étant de belle facture ses propriétaires ont décidé de  faire monter l’œuvre sur un châssis.

Identification de l’œuvre
Artiste : Anonyme

Technique : Huile sur toile
Époque : 18ème siècle
Dimensions :  100 x 70 cm
Localisation : France
Signé : non
Propriétaire : Collection particulière
Cadre : absent
État de conservation de l’œuvre : mauvais.
Toile agrafée sur panneau

Toile agrafée sur panneau

D’autres interventions furent nécessaires avant de procéder au montage de la toile sur un châssis à clefs.

En regardant la couche picturale à jour frisant j’ai pu constater des craquelures d’âge généralisées, et d’autres provoquées par ses mauvaises conditions de conservation, mais aussi la présence d’une pièce triangulaire appliquée au revers qui avait pour but de maintenir les bords d’une déchirure simple mesurant environ 20 cm, celle-ci a été recouverte d’enduits et de repeints débordants.

En testant la solidité de la toile, je me suis rendue compte qu’elle était cassante. Le vernis appliqué s’est oxydé (il a jauni).

pièce à jour frisant

pièce à jour frisant

Présence de déchirures et de nombreux petits trous situés sur la partie supérieure de l’œuvre. En tournant celle-ci délicatement, j’ai pu constater que la pièce collée au revers était couverte de poussière, ce qui la rendait pratiquement invisible.

Étant donné la fragilité de la toile, et après avoir pratiqué des tests, j’ai donc décidé de poser un papier japon  sur la couche picturale afin de pouvoir manipuler l’ensemble sans risques d’incident.

Après séchage des matériaux j’ai retourné celle-ci, et j’ai posé des bandes kraft pour l’empêcher de bouger ou de se déformer pendant le dégagement de la pièce. Pendant cette étape un enduit blanc et dur a posé problème…

Allègement du vernis

Allègement du vernis

La céruse : Pour pouvoir la dégager il a d’abord fallu l’araser à la pièce à main, poncer délicatement, puis désincruster les fibres au scalpel.

J’ai ensuite dépoussiéré le tout. Les greffes et pontages ont été effectués.  j’ai sectionné les tirants et repositionné l’œuvre couche picturale face à moi.

Le papier  protecteur retiré,  j’ai pratiqué l’allégement du vernis, puis dégagé les repeints et enduits (à la céruse) débordants afin de préparer la toile pour l’étape suivante.

Après évaporation des solvants j’ai appliqué un vernis provisoire et de nouveaux enduits, et  les ai mis à niveau. J’ai ensuite collé un nouveau papier protecteur afin de pouvoir effectuer le doublage de la toile.

Franciscain  travail final

Franciscain travail final

Elle a ensuite été remontée sur un châssis à clefs neuf.   Les couleurs (pigments) ont été véhiculées grâce à un vernis et un solvant… Les réseaux de craquelures étant bien marqués, j’ai suivi ceux ci et ai marqué mes retouches afin que mon travail se fonde avec celles-ci.

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